Qu’est-ce qu’une simulation globale?

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Jeux de rôles, simulations globales… Beaucoup se demandent qu’est-ce qui différencie ces deux pratiques. De manière simple, nous pouvons dire que la simulation globale est comme son nom l’indique « globale », c’est-à-dire comprenant un champ d’action plus vaste et élaboré.
simulation globale
En d’autres termes, elle se différencie du jeu de rôles par un univers plus complexe et détaillé, fruit d’une préparation rigoureuse et minutieuse des apprenants et de l’enseignant. Le jeu de rôles s’y trouve, en quelque sorte, englobé.

L’univers créé par la simulation globale provoque l’apparition de jeux de rôles entre les participants, s’exprimant en situation. Ils constitueraient des interactions verbales relativement superficielles et courtes, sans le travail au préalable de préparation de la simulation globale. Cette dernière apporte aux jeux de rôles profondeur et durée plus importante.

La simulation globale a été encouragée par Francis Debyser, directeur pendant de nombreuses années du BELC, afin d’immerger les apprenants dans un univers réel (reconstitution d’une entreprise, d’un immeuble, etc.) ou imaginaire.

Il faut, premièrement, choisir le lieu de la simulation. Il peut être fixe ou, par exemple, itinérant (une croisière). Chaque participant doit élaborer un personnage complexe et détaillé : physique, personnalité, particularités, etc.

Des événements sont introduits petit à petit au cours d’une simulation, qui peut varier considérablement par sa durée. Certains enseignants la répartissent tout au long de l’année, à raison d’une heure hebdomadaire, telle une « simulation-épisode », qui suit les progrès et les personnalités évolutives des apprenants.

Les autres paramètres tels que le nombre de participants, d’intervenants (professeur, etc.) ou encore de types de productions des élèves peuvent être très variés, selon les objectifs et les possibilités de l’enseignant.

La mise en place d’un univers détaillé et complexe est donc la clé d’une simulation globale réussie. Les apprenants doivent y « croire » et s’imprégner totalement de leur personnage fictif. Attention cependant aux « dérapages » que peut entraîner une simulation globale trop réaliste, où les différents participants perdraient le sens des réalités.

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Publié dans Apprentissage, Didactique

Qu’est-ce que la pédagogie inversée?

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La pédagogie inversée ou la classe inversée, ou encore « flipped classroom » en anglais, est l’inversement des rôles traditionnels dans et hors de la salle de classe.
classe inversée
Dans un enseignement traditionnel, le professeur présente son cours, basé sur des notions à expliquer et à apprendre par les élèves. Ces derniers ont ensuite des devoirs à faire à la maison, afin d’assimiler et de consolider les savoirs de la leçon.

Dans la classe inversée, l’élève, au moyen de vidéos, lectures, podcasts, etc. fournies par le professeur, tente hors de la classe d’acquérir des savoirs. Dans le contexte scolaire, le professeur fait travailler ses élèves sur de la résolution de problèmes, des tâches pratiques, etc.

Le professeur, débarrassé de cours magistraux (éventuellement) répétitifs et chronophages, peut se concentrer sur le maître-mot de toute classe, l’apprentissage, et fournir des réponses plus adaptées aux problèmes rencontrés par ses élèves (pédagogie différenciée).

Il doit également être présent pour ses élèves, répondre aux courriels demandant des explications sur tel ou tel contenu, participer éventuellement à des discussions en ligne, etc.

Développée aux Etats-Unis par Eric Mazur, professeur de physique à Harvard, la pédagogie inversée peut présenter quelques inconvénients si elle n’est pas appliquée correctement.

Par exemple, le professeur ne doit pas se charger de fournir toutes les informations, savoirs, etc. aux élèves. Plus le professeur est actif, et plus grand est le risque que l’élève soit passif.

La meilleure des solutions est de demander aux élèves de rechercher par eux-mêmes des informations sur tel ou tel point, dans des livres, sur internet, etc. Les élèves adoptent ainsi une attitude active, plus profitable à l’acquisition de compétences.

Ils améliorent ainsi leur autonomie, indispensable pour leur future réussite professionnelle et personnelle. En classe, des travaux pratiques, etc. peuvent être réalisés individuellement ou en groupes.

Aux Etats-Unis et en Angleterre, la classe inversée a obtenu un certain succès. Les résultats des classes employant cette méthode seraient nettement supérieurs aux classes traditionnelles. En France, elle commence depuis ces dernières années à faire son apparition dans les salles de cours. A voir si des résultats positifs émergent prochainement.

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Publié dans Apprentissage, Didactique

Utiliser des réseaux sociaux de langues pour progresser

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Les réseaux sociaux sont de plus en plus utilisés en classes de langues pour partager des documents, échanger des informations, etc. Ils permettent un suivi « hors la classe », constitué d’ajouts d’informations, de documents ainsi que d’un travail collaboratif plus important entre les élèves.

Les réseaux sociaux de langues, destinés à l’apprentissage en ligne des langues, est une autre possibilité d’apprentissage du web 2.0. Ils apportent échanges et communication en « situation réelle », du langage le plus informel au plus soutenu.
reseaux sociaux de langues
Ces réseaux sociaux regroupent des apprenants désireux d’acquérir des compétences dans telle ou telle langue étrangère, et de partager leurs savoirs concernant une ou plusieurs langues.

Vous pouvez rechercher des internautes aux profils complémentaires avec vous. Par exemple, si vous êtes espagnol et que vous désirez apprendre le français, vous pouvez trouver des français désirant apprendre l’espagnol; et ainsi réaliser un échange sous la forme d’un apprentissage en tandem.

La plupart de ces sites proposent des tchats en ligne, un système de messagerie ainsi que des contenus d’apprentissage, à la qualité plus que variée.

Personnellement, il me semble que les deux réseaux sociaux de langues les plus connus sont Livemocha et Babbel. Si vous en connaissez d’autres de qualité, n’hésitez pas à me le faire savoir en commentaire.

Livemocha (http://livemocha.com) est mon préféré. Je lui trouve une certaine richesse par les différentes fonctionnalités qu’il propose. Vous pouvez, par exemple, précisé clairement votre but d’inscription : « apprendre une langue », « communiquer avec les gens », etc.

De plus, le tchat en ligne propose des scénarios de conversation, permettant d’orienter la conversation et de la rendre parfois plus « utile », si l’on peut s’exprimer ainsi. Le traducteur de Google est également intégré au tchat, donnant la possibilité de lever quelques points d’incompréhension.

Lors de ces échanges avec des partenaires, il n’est pas de mauvais ton de préciser ses objectifs et de connaître les siens, afin de rendre la conversation la plus « productive » possible.

En fonction de ses objectifs et compétences, des fonctionnalités seront à privilégier. La messagerie (communication asynchrone) sera peut-être plus adaptée à des apprenants aux compétences écrites naissantes. Elle permet de laisser plus de temps pour composer son message (réflexion, recherche d’informations, etc.) alors que le tchat en ligne demande rapidité et efficacité.

Mais le plus intéressant à mes yeux est l’évaluation par ses pairs. L’apprenant propose des productions orales ou écrites et il est évalué par les autres apprenants, généralement natifs de cette langue. Cela permet de sortir de la relation verticale professeur-apprenant; même s’il est vrai que la qualité d’évaluateur natif peut parfois décourager des apprenants dans leurs tentatives.

De plus, l’envoi de ces productions à de nombreux internautes permet une rapidité de réponse non négligeable, et favorise motivation et dynamisme chez l’apprenant.

Pour finir, un onglet « culture » permet de partager des commentaires et photos sur son environnement : ville, pays, etc.

L’autre réseau social de langues qui me parait relever d’un intérêt certain est Babbel (http://www.babbel.com). Il présente plus ou moins les mêmes fonctionnalités que Livemocha, mais un ton en dessous selon moi.

Sa particularité principale est de posséder une communauté relativement étendue, des tchats publics destinés à diverses langues (français, arabe, espagnol, italien, anglais, etc.) et de nombreux forums aux thématiques variées (présentation, voyages, etc.).

Les réseaux sociaux de langues sont des bons moyens de pratiquer la langue en « situation réelle » et de s’ouvrir, par les rencontres, aux cultures étrangères. Il convient cependant, comme avec tout outil, de l’utiliser judicieusement et en adéquation avec ses objectifs.

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Publié dans Apprentissage, TICE, Web 2.0

Ecrire un blog dans le cadre de la classe de langues

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Les TICE et le web 2.0 envahissent de plus en plus les salles de classe. Ils apportent modernité et intérêt à des apprenants, fans de technologie et de réseaux sociaux.

Il y a de nombreuses façons d’utiliser ces avancées technologiques dans une classe de langues. Dans cet article, je n’évoquerai que le web 2.0 et la création de blogs à but éducatif.
ecrire un blog
Premièrement, créer un blog est bien plus simple que ce que l’on pense. Il y a de nombreux blogs gratuits, très simples d’utilisation comme par exemple http://www.over-blog.com/.

Si vous optez pour un hébergement payant, il vous en coûtera environ 30 euros par an, serveur et nom de domaine compris. L’installation avec wordpress se fait très facilement. De nombreux tutoriaux peuvent vous expliquer la démarche à suivre.

Une fois le blog opérationnel, le but est de faire interagir ses apprenants avec ce dernier. L’idée est de proposer une grande variété de tâches à réaliser par vos apprenants.

L’intérêt principal réside principalement, non dans la tâche à effectuer, mais plutôt dans le support.

Pour l’apprenant, le fait de publier un texte sur internet avec la possibilité d’une audience importante, peut stimuler la qualité de son écrit et sa motivation.

De plus, sa position de blogueur lui apporte un statut différent. Détenteur de savoir, il fait naturellement preuve de plus de rigueur et de travail. Ce statut différent l’oblige à plus de responsabilité.

De manière plus large, l’idée d’un « feedback » par les internautes sur son travail, est très intéressant pour lui.

D’un point de vue pratique, les tâches effectuées sur un blog dépassent les contraintes spatiales et temporelles. Un apprenant peut se connecter au blog n’importe où sur la planète, et à n’importe quelle heure. La tâche à effectuer acquiert ainsi une plus grande souplesse.

Plus largement, le web 2.0 ne passe pas obligatoirement par la création d’un blog. De nombreux supports existent déjà tels que les forums, blogs, etc. qui ne demandent que participation et implication.

Par exemple, participer à un forum de voyages en répondant à des questions concernant leur ville ou leur pays pourrait accroître l’intérêt des apprenants, stimulés par cet échange interculturel. Le travail peut se réaliser en groupes avec sélection des questions à répondre, concertation sur la qualité des réponses, publications, etc.

Cependant, tous les forums et blogs ne sont pas adaptés. Certains, parfois trop spécifiques, ne collent pas avec les objectifs fixés. D’autres également présentent un degré de difficulté trop important pour de nombreux apprenants. Il convient donc de bien cibler les forums et les blogs, avant de les proposer à ses apprenants.

Concernant une possible évaluation, l’idéal serait qu’elle se fasse dans l’interaction réelle » par un internaute, venu visiter le blog. Une autre solution idéale est la sollicitation par l’apprenant d’une évaluation formative avant publication par le professeur.

La création d’un blog est un moyen d’apprentissage en phase avec l’air du temps. Il répond aux « besoins technologiques » de nombreux apprenants et aux conditions d’interaction réelle, idéales pour un apprentissage effectif et opérationnel.

Publié dans TICE

Quel apport d’internet dans l’enseignement/apprentissage des langues?

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Internet, et plus récemment le web 2.0, ont révolutionné notre mode de vie, nous connectant par millions au travers des réseaux sociaux, des sites collaboratifs du type Wikipedia; et nous donnant une masse d’informations – pas toujours très fiable -, qui relèguent à des années-lumières le seul livre comme source de connaissances et de savoir.
apprentissage langues web 2.0
Cependant, l’enseignement ne suit pas toujours cette évolution. Malgré l’introduction de TBI, tablettes, etc., l’enseignant rechigne souvent à ne plus être la seule source de savoir. Il veut conserver une place omnipotente et centrale dans la classe.

Pourtant, l’utilisation adéquate d’internet pourrait apporter une plus-value considérable dans la salle de classe. En effet, il regorge, entre autres, d’une quantité d’informations importante, facilement accessibles.

La diversité des informations (vidéos, audios, textes, etc.) apporte une richesse non négligeable à l’enseignement. L’élève sort du schéma de linéarité du cours traditionnel du professeur, pour sélectionner lui-même les sources de son apprentissage, le transformant ainsi en acteur actif de ce processus.

Il module son apprentissage selon son emploi du temps et ses objectifs. Il peut apprendre ainsi rigueur et organisation, acquérant de cette manière maturité et responsabilité.
wikipedia etudiant
Plus concrètement, une tâche qui peut être envisagée, est la participation à un site communautaire comme, par exemple, Wikipedia. Il peut lui être demandé d’écrire un article sur un sujet qu’il domine.

Le fait d’écrire sur un site à l’audience mondiale, peut le motiver à faire preuve de plus de sérieux et de travail. Sa nouvelle position de « passeur de savoirs » lui donne un statut différent, lui conférant plus de responsabilités, dont le fait d’être conscient de l’exigence de ses futurs lecteurs.

On se rapproche ainsi du « learning by teaching » (apprendre en enseignant), où le fait d’enseigner appelle plus de rigueur et de sérieux, tout en augmentant la motivation.

Suite à cela, on peut se demander en quoi consiste le rôle de l’enseignant. Devant l’abondance d’informations présentes sur le net, l’élève n’a pas toujours les clés pour trouver, gérer, évaluer, etc. les données dont il a besoin.

L’enseignant intervient ici dans un rôle de guide, afin d’orienter l’apprenant dans ses recherches sur le net. G. Siemens (2010) utilise le terme de « wayfinding » pour évoquer ce processus.
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Il continue ensuite à guider l’apprenant dans la construction d’une certaine cohérence autour des données recueillies. Il peut également l’aider à interagir avec d’autres utilisateurs sur les réseaux sociaux et autres plateformes communautaires.

D’autres possibilités sont la participation des apprenants à des forums, par exemple, de voyages afin d’évoquer leur pays d’origine. Les réseaux sociaux d’apprentissage de langues comme Babbel et Livemocha sont d’autres opportunités pour les apprenants à se confronter à des « situations réelles » (interactions avec les autres utilisateurs).

On peut trouver encore bien d’autres possibilités qu’il serait vain d’essayer d’énumérer ici. Internet est vaste et il regorge de ressources insoupçonnées.

Le web 2.0 pose la question de l’apprentissage en « situation réelle » et en simulation. Cette dernière est toujours la règle en salle de cours. Les tâches qu’elle propose sont dans le meilleur des cas, des « reflets » de la vie réelle, proposant une authenticité relative.

L’apprenant, conscient de l’absence d’enjeu réel, ne fera pas preuve d’une motivation et d’un engagement à toute épreuve, qu’il aurait peut-être montré dans une « situation réelle ».

Il se concentrera essentiellement sur la qualité linguistique de sa production et oubliera l’élément relationnel, si important dans l’apprentissage. En effet, l’implication subjective (affective, psychologique, etc.) me paraît cruciale dans le bon déroulement d’un apprentissage.

Il ne faut pas cependant considérer que les tâches en « simulation » soient inutiles. Elles permettent une répétition pour la communication hors de la classe; et constitue un cadre rassurant pour l’élève qui aura peut-être peur d’une immersion trop rapide en « situation réelle ».

Internet peut créer les conditions d’apprentissage en « situation réelle », dans le monde hors de la classe. Il serait dommage de s’en passer.

Publié dans Apprentissage, TICE

L’importance d’une compétence linguistique

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classe de francaisSouvent, la communication, l’aspect ludique et le respect des besoins et objectifs des apprenants sont mis en avant. Et ce à juste titre, cependant, la compétence linguistique est souvent reléguée au rang de subalterne par le professeur, parfois peu compétent en la question et ennuyé par les règles de grammaire, si peu conformes aux tendances communicatives du français langue étrangère actuel.

Beaucoup d’étudiants dans les formations de FLE sont réfractaires à la compétence linguistique, jugée rébarbative et trop abstraite. Les professeurs mettent pourtant l’accent sur son acquisition, indispensable à un bon apprentissage des apprenants, demandeurs d’explications métalinguistiques. Ces derniers cherchent à intégrer le système linguistique de la langue cible, dans un besoin de réflexion et d’apprentissage actif de la langue.

Une bonne maîtrise de la compétence linguistique permet au professeur d’élaborer des cours, répondant aux demandes de grammaire des élèves. Une faible compétence linguistique ne permet pas de travailler en profondeur le système de la langue française. Ce qui peut ralentir le processus d’apprentissage des élèves.

Elle permet également au professeur de répondre à toutes les questions que se posent les élèves sur la langue. De plus, n’importe quel professeur est tombé un jour ou l’autre sur un élève, particulièrement agaçant, cherchant coûte que coûte à poser les questions les plus saugrenues possibles, afin de le piéger et de l’embarrasser devant la classe. Lire la suite ›

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Publié dans Apprentissage, Grammaire